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Un classement type ATP pour le Hard Enduro ?

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Le monde du Hard Enduro traverse décidément une période agitée, avec une nouvelle initiative qui jette un pavé dans le marigot. Le Hard Enduro World Ranking (HEWR) a en effet été officiellement lancé le 1er février, accompagné d’une dotation totale de 100 000 dollars, destinée à récompenser les dix meilleurs pilotes de la saison. Un système inspiré du classement ATP en tennis, qui entend redéfinir la hiérarchie mondiale de la discipline.

L’annonce intervient dans un contexte pour le moins tendu, en pleine guerre ouverte entre la nouvelle association de pilote, la World Enduro Rider Association (WERA), et le promoteur du Hard Enduro World Championship (HEWC). C’est dans cette atmosphère déjà électrique qu’un communiqué venu d’Autriche est tombé en fin de semaine, rappelant que le HEWR allait bel et bien entrer en vigueur.

Derrière l’acronyme HEWR se cache un projet déjà évoqué courant 2025 : la mise en place d’un système de points standardisé, commun à l’ensemble des grandes épreuves internationales de Hard Enduro. Objectif affiché : agréger les résultats de courses majeures telles que le Red Bull Erzbergrodeo ou le Red Bull Romaniacs, mais aussi d’autres épreuves reconnues, afin de créer un classement mondial unique, comparable à celui du tennis professionnel.

En théorie, ce classement fonctionne indépendamment du Hard Enduro World Championship et des tensions actuelles entre pilotes et promoteurs. Une manière, pour ses initiateurs, de proposer une alternative à un championnat du monde fragilisé.

L’élément le plus concret pour les pilotes reste toutefois la prime globale de 100 000 dollars, qui sera distribuée aux dix premiers du classement HEWR à l’issue de la saison 2026.
La participation au classement est gratuite pour les événements classés Premium, Master et Challenger, tandis que les épreuves dites Supreme – dont Red Bull Erzbergrodeo et Red Bull Romaniacs – devront s’acquitter d’un droit d’entrée de 25 000 dollars.

Ces frais, combinés à l’apport de partenaires de l’industrie, alimenteront un fonds destiné à financer à la fois l’administration du système et la redistribution des gains. La date de référence pour le calcul final du classement et l’attribution des primes est fixée au 1er février 2027.

Le HEWR s’appuie sur un groupe de travail chargé de garantir la transparence et l’équité du système. Celui-ci réunit des représentants de la WERA, des 100 meilleurs pilotes du classement, des organisateurs d’épreuves enregistrées, des fédérations ou associations majeures, ainsi que des partenaires investissant au minimum 50 000 dollars.

Une assemblée générale annuelle permettra d’élire ou de reconduire les représentants, dans une volonté affichée de gouvernance partagée entre pilotes, organisateurs et acteurs économiques du sport.

Les courses inscrites au HEWR seront répartis en quatre catégories : Supreme, Premium, Master et Challenger. Cette classification repose sur des critères précis : niveau sportif, nombre de participants, diversité des nationalités, durée de l’épreuve, dotation financière et couverture médiatique internationale. Chaque année, une réévaluation permettra de promouvoir, rétrograder ou suspendre certaines épreuves.

Les organisateurs intéressés pourront s’inscrire dès le 1er février, à condition de proposer une véritable course de Hard Enduro, avec un tracé nettement distinct du motocross ou de l’enduro classique, et techniquement exigeant.

Conçu par les dissidents du championnat du monde de Hard Enduro Karl Katoch (organisateur de la Red Bull Erzbergrodeo) et Martin Freinademetz (organisateur de la Red Bull Romaniacs), le système de points se veut clair et lisible, à l’image des classements ATP et WTA.

Les pilotes peuvent participer à autant d’épreuves qu’ils le souhaitent au cours de la saison. Les points sont attribués en fonction de la catégorie de la course :

2 000 points pour une victoire en Supreme, 1 200 points en Premium, 500 points en Master et 250 points en Challenger.

L’idée n’est peut-être pas mauvaise, reste à voir comment elle va être mise en oeuvre par les protagonistes et reçue par les pilotes. Qui n’ont, eux, pas grand chose à perdre dans cette histoire de toute façon, dès l’instant où leurs employeurs ne les empêchent pas d’aller sur telle ou telle épreuve, comme ça peut être le cas parfois. Bref, une complication de plus pour un sport qui n’en avait déjà pas forcément besoin. Autre « problème », le plus gros de l’argent ira forcément à ceux qui sont en haut de la pyramide et en ont donc moins besoin. Bref, reste à voir comment tout ça va évoluer, mais on peut penser que les luttes d’influence ne sont pas terminées, loin de là !