
Le Championnat du monde FIM de Hard Enduro traverse une crise à quelques mois seulement du lancement de la saison 2026. En cause, un affrontement féroce entre la nouvellement créée association des pilotes, la WERA (World Enduro Riders Association), et le promoteur du championnat, Hard Enduro Promotions (HEP).
À l’origine de la fronde, l’annonce d’un calendrier 2026 étendu à neuf manches, jugé irréaliste par les pilotes. Réunis au sein de la WERA, avec Alfredo Gomez à sa tête et le soutien des acteurs majeurs du championnat comme Billy Bolt, Manuel Lettenbichler ou Mario Roman, les riders ont annoncé qu’ils ne participeraient qu’à six épreuves. Ils dénoncent des coûts logistiques jugés excessifs, l’absence de soutien financier du promoteur, ainsi que des conflits de dates pénalisants, notamment avec la Tennessee Knock Out, épreuve clé pour leurs sponsors, et donc leurs revenus.
Quatre manches sont directement ciblées par ce boycott partiel : XL Lagares au Portugal, Roof of Africa au Lesotho, Sea to Sky en Turquie et Forza Orza en Suède. Les pilotes défendent un format « 6+2 », intégrant six manches FIM complétées par deux courses mythiques hors championnat, l’Erzbergrodeo et la Red Bull Romaniacs, afin de préserver à la fois la viabilité économique du paddock et la valeur sportive d’une saison de hard enduro. Vrai que ne pas intégrer les deux épreuves les plus mythiques du calendrier n’a pas vraiment de sens, même si on sait que ces dernières ont préféré faire bande à part d’elles-mêmes.
La réponse du promoteur n’a pas tardé. Dans un communiqué assez cinglant, Ross Whitehead, directeur du championnat, a confirmé le maintien intégral du calendrier 2026. Pour lui, réduire le nombre d’épreuves serait incompatible avec le développement d’un championnat du monde, rappelant que l’ère WESS reposait sur huit manches sans soutien financier direct. Le promoteur remet également en cause la légitimité de la WERA, qu’il estime représentative d’une minorité de pilotes, et souligne certaines contradictions dans l’argumentaire économique des riders, notamment leur volonté de se rendre aux États-Unis tout en refusant certaines épreuves européennes. Là, avouons qu’il marque un point…
Point stratégique majeur, HEP affirme bénéficier du soutien des usines et se dit donc confiant quant à leur participation sur l’ensemble des neuf manches, plaçant ainsi les pilotes dans une position délicate vis-à-vis de leurs employeurs.
Au-delà de l’échange de communiqués, ce conflit révèle une crise plus profonde du hard enduro mondial. Depuis le retrait de l’organisation WESS et la perte des épreuves emblématiques comme l’Erzbergrodeo et la Romaniacs, le championnat peine à trouver un modèle économique durable.
À ce stade, le dialogue semble rompu et chacun campe sur ses positions. Si aucun compromis n’émerge rapidement, la saison 2026 pourrait s’ouvrir dans un climat de tension, avec un risque réel de voir le championnat perdre une partie de sa crédibilité sportive et médiatique. A suivre…

