cbo group

Nos cousins d’mx2k.com, ceux qui tournent en rond sans plaque-phares, ont réalisé une interview intéressante de Sébastien Dupond, le boss de CBO Group qu’on vous partage ici : 

Depuis la création de votre magasin en juin 2005, votre équipe a bien évolué. Au départ, vous comptiez seulement 3 employés. Aujourd’hui, ils sont 60 à travailler pour la concession. Comment vous vous êtes organisés pendant le confinement ?
Sébastien Dupond :  Nous avons mis tout le monde au chômage partiel. Après, les mécaniciens faisaient une rotation. Lorsqu’ils venaient travailler, on déduisait ces heures du chômage partiel, en fin de mois. Toute la vente à distance se faisait par téléphone. Les filles étaient en télétravail pour toute la partie comptabilité, gestion. 

Début avril, les équipes des concessions CBO étaient mobilisées pour accueillir sur rendez-vous des clients. Comment les magasins étaient agencés pour les recevoir ?  
Il y a les distributeurs de gels à l’entrée, un sens de circulation avec une entrée et une sortie. Nous avons aussi mis des vitres devant les commerciaux. Mais nous n’avons pas obligé le port du masque dans le magasin. Seuls les salariés en portaient au début, puis ils ont arrêté de les mettre. 

Avec un chiffre d’affaire global de 17 Millions d’euros. À combien sont estimées les pertes économiques ? 
Donner un chiffre exact est compliqué car nous n’avons pas l’intégralité du chômage partiel. En plus, nous avons maintenu les salaires intégraux. C’est-à-dire : nous avons fait la demande du chômage partiel mais nous avons maintenu le salaire complet. Nous n’avons pas mis de restrictions au niveau des congés ou de l’organisation pour la suite. On a laissé comme si rien ne s’était passé pour l’entreprise. Mais pour les pertes, nous devons avoir perdu entre 50 et 60 % de chiffre d’affaires sur la durée. 

Comment vas-tu rebondir ? 
Le chômage partiel nous en couvre une partie. Après, nous avons les prêts de l’État, des PGE qui vont aussi nous aider à combler. Mais par rapport à la reprise, nous avons un rythme constant même plus important que celui de d’habitude. On tourne en moyenne à 250 motos vendues par mois. Pendant le confinement, nous avons fait 80/90 motos. Donc nous sommes positifs. 

Vous avez aussi reporté l’inauguration du CBO Toulouse et Dafy Moto. Une date est prévue ?
Pour l’instant non. Nous avons annulé car ça tombait juste le premier week-end du confinement. Pour la date, je pense que nous allons la caler quand tout sera vraiment libéré. On pense à organiser juste une journée barbecue pour faire venir quelques personnes. Pour le gros rassemblement, ça sera en début d’année prochaine, lorsque nous serons plus bloqués. On attend environ 5000 personnes. 

Vous organisez souvent des essais de machines sur les circuits. Ces journées vont-elles reprendre ? 
Dès que ça ouvre. Normalement, nous organisons une journée à Pau, le 20 et 21 juin. Deux journées sponsorisées par un organisateur qui travaille avec nous. Nous avons 20 places pour les clients. Et il y aura les gestes barrières sur place. 

Certaines épreuves sont annulées, notamment le CBO Group Supercross de Saint-Simon-de-Pellouaille et de Lizac. Comment vas-tu gérer cela ? 
Le Supercross vit avec les dons des entreprises. Et ils se voyaient mal demander de l’argent par rapport à ce qu’il se passait. Donc, nous avons pris la décision de les reporter, et ne pas demander de dons pour cette année. Nous allons refaire un événement l’année prochaine. Ça évite d’aller solliciter les entreprises dans cette période compliquée. Nous avons fait un courrier à nos partenaires, en leur expliquant la situation.

Au niveau des pilotes qui devaient être présents, comment ça va se passer ? 
Normalement, nous allons rééquilibrer car nous avons aussi négocié avec les pilotes. Ils ont compris que la situation était bloquée. Nous allons refaire le même événement, encore plus gros. Et peut-être que nous aurons davantage d’aide, car il y aura moins de dépenses. Pour Lizac, par exemple, nous misons sur un événement avec des shows freestyle. L’idée n’est pas forcément de faire venir des pilotes de renom mais organiser quelque chose de plus festif. 

Le confinement aura eu certains côtés positifs pour CBO Group. Vous allez accueillir la marque de vélo électrique Moustache Bikes…
Le confinement nous a permis de faire des travaux, d’agrandir le magasin et donc la partie vélo. Nous avons la marque Moustache qui arrive. Les premiers vélos sont arrivés aujourd’hui. J’envisage de prendre un salarié uniquement pour les vélos. Par la suite, nous aimerions que nos pilotes s’entraînent avec nos vélos, afin de les promouvoir et d’allier les deux. Pour l’instant, nous n’avons pas ciblé de pilotes. Mais nous pensons à Valentin Teillet et Anthony Bourdon. 

Vous allez aussi rentrer une nouvelle marque de moto…
Nous allons rentrer GasGas. C’est quasi-signé. Ça devrait arriver au mois de septembre. 

Un dernier mot pour nos lecteurs ? 
 Merci pour cet entretien. Je pense que le confinement aura des côtés positifs. Cela nous a permis d’améliorer notre organisation, notre réactivité, développer une nouvelle méthode commerciale et l’approche des clients. Par exemple, pendant cette période, nous avons fait beaucoup de livraisons à domicile. On était davantage à leur disposition. Il faut être plus proactif. Nous avons ouvert les yeux : il faut qu’on s’occupe plus de nos clients. Nous devons proposer un commerce différent : offrir plus de service de livraison, un service de mobilité notamment pour les vélos. Nous avons mis en place un nouveau système de location. Les clients pourront louer un vélo, avec : RIB, pièce d’identité, 10 % d’apports. Ils pourront le louer de 6 à 36 mois. Et d’ici trois semaines, un mois, nous allons avoir notre propre site de location de moto à la journée, à l’après-midi ou au week-end. 

Par Pauline Vallès, photos Pauline et CBO Group.