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Interview Charles Péot : Défenseur de nos libertés

De par son érudition et sa personnalité engagée et conciliante, Charles Péot aurait pu être médiateur, tribun, juriste, avocat ou diplomate.

Par chance pour nous, il met toutes ses qualités au service du Codever (Collectif de défense des loisirs verts) qui depuis trente-sept ans défend notre liberté de circuler sur les chemins.

collectes de dechets sur les chemins
Parmi les actions valeureuses du collectif, le nettoyage des chemins, trop souvent négligé par les prétendus amoureux de la nature…

Par Franc Péret, Photos FP et Codever

Comment t’es venue la passion de la moto verte ?

Charles Péot : « A 15 ans, je rêvais d’avoir une bécane et de faire de la vitesse, mais l’occasion ne s’est jamais présentée. L’Amicale de mon lycée organisait une épreuve de Mobcross et cela a été le déclic pour moi. J’ai toujours roulé sur des protos à base de MBK que je préparais moi-même profitant des machines-outils disponibles dans mon lycée technique où j’étais en formation. J’ai fini ma carrière en MX sur un châssis de 80 KX motorisé par un 50 cm3 Motobécane car je n’avais pas les moyens de m’offrir une vraie moto de cross

J’ai ensuite découvert les chemins, d’abord en 4×4 avec un copain, puis en Suzuki DR350 endurisé avec lequel j’ai fait quelques courses dont la première à Chablis. Le terrain très technique a de suite mis en lumière les limites de ma machine et de mes capacités. J’ai tout de même persévéré aux guidons de 250 et 300 KTM, j’adorais la compétition, mais je manquais de talent. »

Comment s’est articulé ton passage à la rando et ton implication dans le Codever ?

Charles Péot : « En 1995, j’ai créé un club de rando, « Nature et Loisir TT » pour les 4×4 et les motos à Nogent sur Vernisson (Loiret). On s’est rapidement affilié au Codever car le Maire avait pondu un arrêté pour interdire les chemins aux engins à moteurs. Par mon militantisme, j’ai eu la chance de rencontrer Jean Pierre Steiner (l’un des fondateurs du Codever) et je me suis retrouvé désigné d’office comme représentant de l’association pour le Loiret. »

En plus de tes expériences d’enduriste et de défenseur des loisirs verts, tu as aussi été organisateur. 

Charles Péot : « Effectivement, en 2003, J’ai créé une classique qui existe toujours : La Rando de la Licorne. J’ai passé la main et en Septembre cette année, ce sera la 21eme édition, dans la Puisaye (Yonne) au départ de Saint Fargeau. Sa particularité est de suivre un road book et d’être surtout adaptée aux enduros et trails légers. Ce n’est pas une compétition, seules les plus belles gamelles sont primées ! »

Depuis 2007, tu es salarié du Codever, quelle est la nature de ton travail ?

Charles Péot : « Le Codever est une association qui n’a que deux salariés, moi et une secrétaire. Je suis directeur ce qui implique beaucoup de casquettes : juridique, relations publiques, conseils aux pratiquants, gestion des publications (guide et site internet), relation presse et lobbying auprès des pouvoirs publics. Cette activité consiste à prendre contact avec des personnes chargées d’élaborer et de voter les décisions publiques pour influencer leurs décisions en faveur des pratiquants de loisirs verts. »

Quelle a été l’évolution des lois limitant la pratique du TT ces dernières années ?

Charles Péot : « La loi Lalonde, qui interdit le hors-piste, n’a pas changé depuis 1991. Mais la jurisprudence a introduit le critère de carrossabilité, qui dit que seuls les chemins praticables par des voitures de tourisme seraient autorisés aux véhicules à moteur. Sauf que… ce critère ne peut concerner que les chemins privés, car les chemins ruraux sont par définition ouverts à la circulation publique des véhicules à moteur, sans condition d’état ou d’entretien. Seul un arrêté municipal peut limiter la circulation sur un chemin rural.

contestations membres CODEVER
Les membres du Codever n’hésitent pas à descendre dans la rue pour exprimer leur mécontentement.
Une très bonne chose pour obtenir l’écoute des pouvoirs publics.

En 2005, la circulaire Olin met en avant la carrossabilité, ce qui nous amène à organiser de grosses manifs, avec 20 000 manifestants dans toute la France à 2 reprises. Fin 2010, à force de lobbying, la ministre de l’écologie Nathalie Kosciuzko-Morizet publie une instruction complétant la circulaire Olin (téléchargeable sur notre site). Elle ne parle plus de carrossabilité et donne des consignes claires aux agents. »

Couverture enduro magazine 130

 

RETROUVEZ CETTE INTERVIEW EN INTÉGRALITÉ DANS LES PAGES D’ENDURO MAGAZINE #130.

 

 

 

 

 

 

Nos autres interviews : 
– Anthony Geslin
– Steve Holcombe 
– Jamie Mccaney

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