Despres et Comas

Derrière les grandes victoires se cachent parfois des petites histoires.

Son troisième sacre au Dakar en 2010, Cyril Despres l’a construit de main de maître, en secret. Une édition rocambolesque où la partie de poker avec Coma ne s’est pas jouée sur tapis vert sous les caméras de France TV comme l’histoire le retient, mais à l’abri des regards, avant même le départ de la course : sur le tapis de l’aéroport de Buenos Aires…

Durant une décennie, les deux officiels Katé n’ont laissé aucune édition leur échapper. Cinq victoires chacun entre 2005 et 2015. Un mano a mano qui connait son paroxysme en 2010, l’année où Coma se fait prendre les doigts dans le pot de confiture, pneu arrière neuf au beau milieu d’une étape. Un épisode que tout le monde connaît… ou croit connaître.

Dans les bagages de Stefan Everts

Après l’annulation du Dakar 2008 pour cause de menaces terroristes en Afrique, les pilotes officiels KTM de rallye-raid vont encaisser un autre coup dès la saison qui suit. L’arrivée de Stefan Everts chez les Oranges en MXGP. Quel rapport entre ce transfert et le Dakar, allez-vous me dire ? Simple, la légende belge du motocross débarque avec Pirelli dans ses bagages, sa solution technique sine qua non pour passer de Yamaha à KTM. Toutes les équipes officielles de l’usine orange adoptent donc les gommes italiennes, CQFD. Le team de rallye-raid n’y coupe pas et Cyril Despres n’a qu’un mot pour résumer le passage de Michelin à Pirelli : « Une catastrophe ». Durant les séances de test pré-Dakar, le Français n’est jamais parvenu à aligner des kilomètres sans encombres avec les pneus, mais surtout avec les mousses de cette nouvelle marque.

Equipe Redbull Despres

Pour la première édition en Amérique du Sud en 2009, il démarre on ne peut plus mal son Dakar. Il fond sa mousse dans la première étape et passe 200 km sur le pneu à plat avant de finir sur la jante. Contraint de passer en chambre à air dès l’étape suivante, Cyril mettra quatre jours à trouver la bonne pression. « J’ai dû subir pas mal de crevaisons avant de comprendre qu’il fallait monter la pression jusqu’à 2 kg, car même à 1,5 kg, on crevait. A cette pression, le pneu arrière est tellement dur que tu n’as plus d’amortisseur. Nous n’avions pas assez roulé dans ces conditions durant la saison ; Marc l’avait fait et le savait, bravo à lui. C’est un Dakar qui s’est joué à 300 ou 400 grammes de pression supplémentaires pour Marc. »

Jamais deux sans trois, dit le dicton… Après l’annulation du Dakar début 2008, le passage en Pirelli lors de l’édition 2009, la crise financière qui a débuté en 2008 met à mal l’équilibre économique de KTM qui se voit contraint de licencier du personnel, surtout fin 2009. « Un contexte dans lequel Pit Beirer et Stefan Pierer ne se voyaient pas aller dépenser de l’argent au Dakar alors que des gens venaient de perdre leurs postes, ce qui se comprend » se souvient Cyril qui, en septembre 2009, ne sachant toujours pas s’il partait ou pas au Dakar 2010, se rend à l’usine avec Chris Evans, son manager.

Ce matin- là, les deux hommes comprennent que l’usine ne s’engagera pas officiellement mais que si le Français tenait à­ participer, il aurait une KTM, des pièces et un camion, charge à lui de trouver le budget pour payer tout le reste : ins- criptions du team, frais de déplacement, héberge- ments, salaires, vêtements, tout de A à Z. L’après- midi même, le duo est chez Red Bull dans le bureau de Thomas Überall, le bras droit de Dietrich Mateschitz, qui leur accorde leur confiance et leur propose une enveloppe. « Restait à tout faire rentrer dedans » commente celui qui vient de déclencher le chrono d’une première course contre la montre.

Retrouvez l’article complet dans le numéro 109 d’Enduro Magazine

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