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Coaching : Kenny Verduron

C’est Julien Gauthier qui, le premier, nous a parlé de Kenny Verduron. Fin 2011, le surnommé GotGot s’apprêtait à passer sur la 450 Kawa et, pour gérer au mieux le fougueux animal, il s’était adressé à ce coach sur les bon conseils de Fred Lambert, entraîneur fédéral. Interrogé sur la manière dont se déroulait sa préparation, il avait répondu : « C’est assez intense », sans trop entrer dans les détails. Par la suite, nous avons appris que Michel Merel faisait régulièrement appel au personnage pour les petits gars de son école. Quoique plus imagé, même son de cloche de la part du Nantais : « Je l’appelle Rambo ! ».
Imposant bloc de muscles (1,85 m pour 95 kg) certifiés sans gonflette, Kenny sourit à l’évocation de cette réputation qu’on lui fait. Il l’assume néanmoins, lui qui promet du sang, de la sueur et des larmes aux volontaires à certains de ses stages. Dans son petit catalogue de propositions, il en est une baptisée “stage Cro-Magnon”. Sous cette appellation sympathique, on ne saurait être plus clair : il s’agit d’en baver, pour rester poli. Le théâtre de l’opération, pour certains une “expérience”, est son terrain, dans son village de Haute-Loire, non loin de Brioude. Un vrai spot d’entraînement pour enduriste où il a d’ailleurs son circuit moto personnel.
Dans un contexte hostile et durant deux à trois heures suivant le niveau général, Kenny pousse les participants dans leurs derniers retranchements au cours d’une série de courses diverses (descente sniper, remontée à la corde, passages dans de gros pneus de chargeur…), entrecoupées d’exercices physiques (flexions, pompes, maniement de masse…). Les stagiaires ont en commun l’envie de se confronter à leurs limites, un challenge toujours douloureux. Ils viennent d’horizons variés, rugby, trail, sports de combat… et enduro donc. Une discipline qu’en bon Auvergnat, Kenny pratique depuis toujours, mais sans jamais avoir été tenté par la compétition. Dans son garage traîne une 530 KTM, un vélo pour ce colosse.
Un stage “commando” de ce type s’inscrit un peu comme un produit d’appel dans les activités de cet entraîneur. De l’extrême récréatif qui peut certainement avoir pour avantage de renforcer la cohésion d’un groupe. Mais, parce qu’il met les candidats à genou, ne cadre pas toujours avec un programme sportif bien planifié, dixit Michel Merel. Kenny met lui-même plutôt en avant ses méthodes en matière de coaching. Venu du karaté, il a naturellement repris la technique courante en arts martiaux et sports de combat qui vise à développer la force fonctionnelle, c’est-à-dire la force utile dans sa pratique sportive. Il en a d’ailleurs fait sa raison sociale : Kenny Force Fonctionnelle Coaching. Elle s’acquiert par des exercices spécifiques polyarticulaires et aboutit à améliorer son endurance, son agilité et sa force tout court, bien sûr.

Dans un contexte hostile, Kenny pousse les participants dans leurs derniers retranchements.
Dans un contexte hostile, Kenny pousse les participants dans leurs derniers retranchements.

« En gros, sur mes exercices, les pilotes travaillent pratiquement tous les muscles en même temps et sollicitent de fait plusieurs articulations. C’est ce qui permet de développer au mieux les qualités que réclame un sport comme l’enduro, explique-t-il. Par exemple, quand je leur demande de taper à la masse sur un pneu de chargeur, ils font travailler leurs trapèzes, biceps, triceps, abdos, bref tout le haut du corps. Mais le bas est lui aussi sollicité, par la recherche de l’équilibre, les appuis au sol et aussi parce que je leur demande d’être fléchis. Tout cela leur permet d’améliorer leur proprioception (ensemble des mécanismes qui stabilise sa position). Ils doivent affronter le même genre de contraintes sur la moto dans certaines phases du pilotage, un freinage, une accélération, une grimpette à négocier où on se sert de toutes ses chaînes musculaires. » Quand, comme lors d’un stage enduro également au catalogue, les pilotes enchaînent avec du roulage sur le circuit, les muscles ont mémorisé le mouvement et le geste devient plus sûr, plus précis sur la moto. « Autre exemple, poursuit le coach, après une série de sauts à pieds joints, disons de part et d’autre d’un rondin, les muscles des cuisses ont mémorisé l’impact et l’amorti qui sera reproduit à la réception d’un saut ou lors d’un choc. »
Ce que ces exemples ne disent pas, c’est que l’ensemble des exercices proposés lors d’une séance réclame des barils d’énergie. « C’est vrai que c’est intense avec lui, confirme Michel Merel. Kenny est un garçon motivé par l’extrême et le dépassement de soi, qu’il s’applique d’ailleurs à lui-même. C’est le premier coach que je vois capable de faire mieux que les athlètes qu’il entraîne. Il est sans limites ! » Travailler avec ce bourreau de la préparation physique ne semble pas décourager pour autant, bien au contraire. GotGot y a pris goût, lui qui, depuis sa rencontre avec Kenny, s’inflige une séance intensive par semaine l’hiver, suivie d’un entraînement régulier plus axé sur ses sensations avec la moto durant la saison. « Pour moi, le travail avec lui s’avère payant. Je me sens plus fort dans les conditions difficiles et ça m’aide aussi pour le mental. Je pense que je m’en suis pas mal sorti l’année dernière avec deux victoires sur des extrêmes (En’Duo et The Race) où tout le monde me demandait si la 450 n’était pas trop lourde dans ces conditions. »

Kenny Verduron
« C’est le premier coach que je vois capable de faire mieux que les athlètes qu’il entraîne. » Michel Merel


De son côté, Adrien Tardy apprécie que le travail costaud proposé s’accompagne d’un « aspect ludique ». Ce qui tendrait à démontrer qu’on peut quand même s’amuser sous la torture. « En plus, ajoute-t-il, Kenny connaît très bien le sport moto. Il est donc à même d’axer sa préparation sur les points précis qui nous intéressent. » Le jeune homme, qui connaît Kenny depuis 2008 pour avoir fréquenté sa salle de sport quand il était en 50, avait décidé ensuite de s’entraîner en solo. La saison dernière, il a éprouvé le besoin de renouer avec le coach. Il poursuit donc cette année. Un autre pilote arrivé, lui, cet hiver, le champion de France National Pierre Vissac déboule cette saison en Elite. Connaissant l’adage selon lequel c’est quand le jeu devient dur que les durs deviennent bons, il tenait à se préparer en conséquence. A l’entendre, il se sent déjà « plus fort et plus réactif sur la moto ».
Venu vers l’enduro parce qu’il est lui-même pratiquant, Kenny a commencé à se faire connaître du milieu sportif en animant, à titre gracieux, des séances d’échauffement collectives sur des épreuves du championnat de France. Il repérait les endroits susceptibles d’accueillir les volontaires et faisait ensuite le tour du paddock pour annoncer et expliquer sa démarche. Depuis, il a ouvert son centre de préparation physique dédié à la discipline et créé des formules de stages tout aussi spécifiques. A ce titre et sauf oubli, K2FC est certainement la première “académie” du genre en France.Activités et projets
Kenny Verduron propose ses services sous différentes formes. Cela va de la préparation physique, dédiée enduro ou pas, individuelle ou en groupe. Parallèlement, l’athlète organise différents stages, parmi lesquels le fameux Cro-Magnon, un spécifique enduro avec possibilité de rouler sur une boucle d’environ 9 minutes (pour Julien Gauthier) et un autre à l’attention des cyclistes VTT, pour lesquels il offre aussi une possibilité de rando. Ces stages sont particulièrement abordables puisque les tarifs démarrent à partir de 20 euros (par personne pour les groupes). Enfin, encore “under construction” comme le site internet, le centre K2FC de Saint-Etienne sur Blesle (43450) pourra, à terme, héberger les stagiaires.

Par C. Bagalini, photos T. Larret et Séverine @ Clair Obscur

2 Commentaires

  1. pour avoir passé une journée avec l’animal, à rouler « amicalement » dans son fief… oui, Kenny est une bete -Kenny m’a tuer !-, et surtout un super mec, très gentil et attachant.

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