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Winfried Kerschhaggl, ancien boss du WESS, est désormais celui du nouveau champion du monde d’enduro extrême qui vit sa première année. Une naissance compliquée par une période difficile, crise sanitaire oblige. 

Winfried, 2021 marque la naissance du championnat du monde extrême FIM. Pourquoi s’être rapproché de la FIM pour former ce championnat ? 
Winfried Kerschhaggl : Se placer sous la coupe de la FIM, comme l’ensemble des autres championnats majeurs en moto, va nous aider à améliorer le profil et le prestige de l’extrême. Ce devrait amener notre sport à un niveau supérieur. Avoir l’étiquette FIM va ajouter de la valeur marketing au championnat et permettre d’être plus clairement compris par ceux qui investissent dans les sports mécaniques, du fan hard core au spectateur de base. Et encore au-dessus de tout ça, avoir un titre de champion du monde FIM va donner à nos athlètes la reconnaissance et le respect qu’ils méritent. 

Le processus a été long pour en arriver là ?
WK : Oui, c’était en projet depuis quelques temps ! S’assurer que les amateurs restent partie intégrante du championnat a été quelque chose qui a pris du temps vis à vis de la FIM, ça les a forcé à changer leur vision de ce qu’un mondial doit être. Sans ça, on n’aurait pas pu le faire. Impossible ! Pour le FIM, ça a été un grand pas, nous sommes heureux qu’ils l’aient fait. 

La participation des amateurs a toujours été une partie importante du WESS, pourquoi c’était si vital que ça continue avec la FIM? 
WK : Parce que c’est ce qui nous définit. C’est ce que qui nous différencie des autres disciplines et nous rend unique. On veut des amateurs qui courent avec les pros et se garent à côté d’eux dans le paddock. C’est l’enduro extrême, le noyau de notre sport. Parce que l’extrême est défini par sa camaraderie, et qu’on retrouve souvent en course ! 

C’est vraiment important pour le sport et l’industrie d’avoir finalement un championnat du monde extrême ? 
WK : C’est très important, et c’est pas trop tôt que l’extrême reçoive enfin la reconnaissance qu’il mérite. Personnellement, en tant que fan, j’attends ça depuis longtemps. La Red Bull Erzbergrodeo a déjà 25 ans, la Red Bull Romaniacs célèbre cette année sa 17e édition. Le championnat va rassembler. Les teams et les pilotes peuvent s’engager sur une saison complète de course. Plus de pilotes vont arriver, et à la base, ça va inspirer des organisateurs à proposer des courses. Tout ça va faire un effet domino et aider l’industrie à grandir. 

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Winfried Kerschhaggl, le boss du championnat.

On a vu arriver des constructeurs comme Beta, Yamaha qui aide aussi, aux côtés des traditionnels noms comme KTM, Husqvarna, GasGas et Sherco. Tu penses qu’il y a un potentiel de progression à ce niveau? 
WK : Le sport est un objet de promotion pour ces constructeurs. D’un point de vue business, l’extrême propose un format facile à comprendre par tout le monde. Le côté pilote contre pilote est facile à comprendre et à couvrir par les médias. Avec une solide couverture médiatique et un titre FIM à aller chercher, oui je crois que plus de constructeurs vont suivre. 

Les pilotes doivent-ils s’attendre à du changement dans la façon dont va être organisé le championnat, ou ça va se passer de la façon la plus simple possible ? 
WK : Notre intention a été tout du long de garder les choses le plus simple possible. Naviguer avec un gros bateau comme la FIM ne les rendra pas plus complexes. L’extrême a un “esprit libre”, il ne s’embarrasse pas de trop de règles, et je veux que ça reste comme ça. 

On a vu les difficultés d’organiser en période Covid avec Extreme XL Lagares et la Red Bull Erzbergrodeo. Les choses commencent-elles à revenir à la normale ? 
WK : On vit des temps particuliers en ce moment, et parfois même les plans les plus sûrs peuvent nous échapper. Au moment de l’Extreme XL Lagares, le Portugal était de loin le pays le moins à risque. Peu de gens étaient touchés, les restaurants ouverts… D’un coup, pendant l’événement, un cluster s’est développé juste à côté et tous nos efforts, notre travail et notre argent sont partis en fumée ! A un moment, il faut l’accepter et se concentrer sur les choses qu’on peut contrôler. Le pire étant pour l’amateur qui a fait 2000 km pour venir, a posé une semaine de congé, a dépensé beaucoup d’argent pour au final ne vivre qu’une infime portion de l’expérience prévue… 

L’Abestone Hard Enduro arrive vite. Es-tu excité que la course reprenne ses droits ?
WK : Rouler en Toscane est une opportunité rare, et le faire dans une station de ski est la cerise sur le gâteau. C’est tout simplement incroyable, ce qu’a réussi à faire l’organisateur Michele Bosi. Il est tellement plein d’idées qu’on a dû le calmer ! Pour avoir fait quelques reconnaissances, on sait que ça va être une course incroyable. 

Le calendrier est un mélange de course établies et quelques nouvelles, l’idée est-elle d’offrir à ces jeunes organisations une visibilité pour grandir et se développer ? 
WK : Complètement, parce que la qualité de chaque organisation détermine celle du championnat. Mais avoir de la diversité est aussi dans notre intérêt. Et dans l’avenir, on aimerait aussi que le calendrier soit moins “européen”. 

Pour d’éventuels organisateurs qui voudraient s’investir, quels sont les critères pour avoir une course ? 
WK : Nous voulons des endroits uniques, où on peut avoir un terrain difficile sans être dangereux. Le format de la course doit pouvoir faire la part belle aux amateurs, avec au moins 250 participants. Le format doit aussi pouvoir attirer des spectateurs et les médias. En gros, une course simple dans sa structure, mais capable de se faire une place dans la série. 

Pour l’instant, les courses sont à huis clos ou presque. Qu’est-ce que ça va faire de retrouver tous ce spectateurs ? 
WK : On a appris ces 18 derniers mois à faire avec ce qu’on a, donc tout le monde sera très heureux de retrouver les courses et de voir les stars en personne. J’ai hâte de voir les paddocks remplis de fans. On attend tous ça avec impatience. 

Quand on en aura fini avec la pandémie, comment aimerais-tu voir le championnat évoluer ? 
WK : Notre objectif est que le championnat devienne le plus populaire du monde, que le

Calendrier officiel FIM Hard Enduro 2021

Manche 1 : 7-9 mai – Extreme XL Lagares (Portugal, FMP)
Manche 2 : 3-6 juin – Red Bull Erzbergrodeo (Autriche, AMF)
Manche 3 : 10-11 juillet – Abestone Hard Enduro (Italie, FMI)
Manche 4 : 27-31 juillet – Red Bull Romaniacs (Roumanie, FRM)
Manche 5 : 14-15 août – Red Bull TKO (USA, AMA)
Manche 6 : 11-12 septembre – HERO Challenge (Pologne, PZM)
Manche 7 : 1er-3 octobre – Hixpania Hard Enduro (Espagne, RFME)
Manche 8 : 29-30 octobre – GetzenRodeo (Allemagne, DMSB)