David Knight, triple champion du monde depuis ce week-end.
Samedi
Les stars du MAXXIS FIM ENDURO WORLD CHAMPIONSHIP n'ont pas eu l'occasion de profiter du cadre idyllique offert par Fethiye, véritable Saint-Tropez de la Turquie. Comme en Grèce, ils ont tout d'abord dû composer avec les températures caniculaires de cette région du Sud de la Turquie. Plus une météo de plagiste que d'enduriste. Ils ont également dû s'adapter aux spécificités du terrain local. Rocailleux à souhait, le tracé de ce premier Grand Prix de Turquie de l'histoire se révèle relativement étriqué. Les portions de vitesse pure sont rare, et les pilotes doivent emprunter des sentiers où ils évoluent sur les premiers rapports de vitesse.
Premiers à s'élancer, les pilotes de la catégorie Enduro 1 ont en quelque sorte balayé les premières spéciales. D'emblée, le leader du championnat Antoine MEO (FRA-HVA) n'est pas dans le coup. En délicatesse avec son train avant, il préfère ne pas prendre trop de risques et reste à une discrète 5e place. Il a notamment eu la responsabilité d'ouvrir le tracé turc. Bien que sec, ce terrain avec ses pierres roulantes et ses cailloux se révèle très glissant. Johnny AUBERT (FRA-KTM) y part à la faute en début de course dans l'Extreme Test. La suite de son parcours est bien mieux engagé. Avec ses adversaires pour le podium final du championnat, Eero REMES (SF-KTM) et Cristobal GUERRERO (ESP-YAM), ils se livrent à une lutte sans merci. Le cumul des chronos n'étant pas élevé, 40 minutes, au final les écarts sont serrés. Aubert l'emporte grâce à son expérience et son pilotage « coulé » sur terrain glissant. Il devance de 5.46 secondes Guerrero deuxième. Remes prend la troisième place à 10.99 secondes du vainqueur. Auteur d'un très bon début de course, Julien GAUTHIER (FRA-HM) prend une encourageante 4e place.
En Enduro 2, comme dans toutes les catégories, les pilotes n'ont pas ménagé leurs pneus, sérieusement usés à l'arrivée par les pierres qui jonchent le parcours. Malgré un problème de gripster à mi-course, cette fameuse cale qui fixe le pneu à la roue, Ivan CERVANTES (ESP-KTM) joue à armes égales avec Mika AHOLA (SF-HM). Mais cette année le leader de l'E2 est un véritable métronome, il ne commet aucune erreur tandis que l'Espagnol part à la faute en fin de journée. Ce nouveau succès, obtenu pour 4.6 secondes conforte un peu plus la position de leader d'Ahola en tête de l'E2.
Mika AHOLA: « C'est une première réussie pour moi en Turquie, mais ça n'a vraiment pas été simple face à Ivan. Ma stratégie a changé, je voulais assurer mais je me suis rendu compte qu'il est plus facile pour moi de rouler comme à l'entraînement, c'est à dire à fond. Et quand j'ai vu que je pouvais gagner aujourd'hui, j'ai fait le forcing. En tout cas je trouve que l'organisation turque nous a offert une très belle course, certains détails sont perfectibles mais nous devons les encourager. »
Thomas OLDRATI (ITA-KTM) a tenu à se racheter de son erreur de pointage en Grèce en montant sur la troisième marche du podium de l'E2. De retour de blessure sur la scène internationale, après la fracture du fémur qui l'a privé de début de saison, Marc BOURGEOIS (FRA-HVA) mise sur sa fraîcheur physique pour offrir à l'équipe de l'Armée Française la cinquième place de la catégorie.
C'est en Enduro 3 que la situation se précise. David KNIGHT (GB-KTM) a fait un pas supplémentaire vers un titre mondial qu'il pourrait conquérir dès la seconde journée disputée dimanche. Le Britannique a bénéficié du nouvel abandon de Christophe NAMBOTIN (FRA-GAS). Démotivé après la casse de sa suspension en Grèce, le pilote Gas Gas essuie un nouveau problème mécanique. Victime de la casse de son guide chaîne, il dégringole de la deuxième à la quatrième place du classement général provisoire. La victoire de catégorie revient à l'inarrétable Sébastien GUILLAUME (FRA-HVA), 1.07 seconde devant David Knight deuxième. Blessé en début d'année, le pilote Husqvarna signe une fin de saison exceptionnelle et remonte à grand pas au classement pour disputer la plaque de numéro 2. Pourtant il a bien failli tout perdre dans l'ultime secteur chronométré, où malgré une avance confortable il chute et perd 20 secondes. Toujours en délicatesse avec son doigt meurtri, Simone ALBERGONI (ITA-KTM) assure la 4e place. Notez qu'Oriol MENA (ESP-HSB), le champion du Monde Junior 2009, monte sur son premier podium chez les Seniors de l'E3.
Chez les Juniors, le vainqueur du dernier rendez-vous grec, Joshua GREEN (AUS-TM) doit abandonner dès le premier tour, dans un franchissement de rivière où sa moto boit la tasse. De son côté Jérémy JOLY (FRA-HM) aurait pu tenter l'opération de la dernière chance, mais le Français a lourdement chuté dans la dernière spéciale et perdu du temps. À la lutte avec son compatriote Victor GUERRERO (ESP-YAM), c'est finalement le leader du championnat Lorenzo SANTOLINO (ESP-KTM), en regain de confiance, qui l'emporte pour seulement 51 centièmes.
Dimanche
Fin du suspense dans deux catégories du MAXXIS FIM ENDURO WORLD CHAMPIONSHIP. En remportant la seconde manche du Grand Prix de Turquie, David KNIGHT (GB-KTM) décroche avant même la fin du championnat le titre de champion du Monde d'enduro dans la catégorie ENDURO 3. Auteur d'une saison sans faille avec huit victoires et une présence permanente sur le podium des grosses cylindrées, il coiffe sa troisième couronne mondiale après 2005 et 2006.
David KNIGHT: « C'est un sentiment incroyable de pouvoir gagner ce titre avant même la fin du championnat. J'ai pris du plaisir aujourd'hui sur ma moto, même si la situation était stressante. J'avais l'impression que le danger était partout, c'est pourquoi je suis resté très concentré. Ici en particulier il était très facile de commettre une erreur. Ma mère est venu en Turquie pour m'encourager, c'est très touchant. C'est également le travail de toute une équipe que je tiens à saluer. Après ma mauvaise saison de 2009, beaucoup de gens m'ont critiqué, mais je n'ai jamais cessé de croire en moi. D'autres personnes y ont également cru et aujourd'hui elles sont ici autour de moi. Je suis heureux de pouvoir leur faire partager mon bonheur. »
À côté du sacre du géant de l'Ile de Man, le résultat de la journée pourrait paraître anecdotique. Pourtant, la bataille pour la deuxième place du jour comme du général a offert une lutte de chaque instant entre Sébastien GUILLAUME (FRA-HVA) et Christophe NAMBOTIN (FRA-GAS). Certainement plus frais physiquement après son abandon de la veille, l'officiel Gas Gas devance Guillaume finalement troisième pour 6.67 secondes.
L'autre sacre du jour est celui de l'espoir espagnol Lorenzo SANTOLINO (ESP-KTM) chez les Juniors. Les coups de boutoirs permanents du futur grand de l'enduro ibérique ont eu raison du moral et de la santé de Jérémy JOLY (FRA-HM). L'ancien crossman de Salamanque cumule huit victoires cette saison et succède ainsi à son compatriote Oriol Mena.
Lorenzo SANTOLINO: « Je suis très heureux, c'était une journée difficile, et j'ai cru qu'elle n'allait jamais s'achever. Je tiens à remercier tous les gens qui m'ont aidé à en arriver là, en particulier l'équipe et ma famille. Je crois que cette saison s'est jouée sur mon bon début d'année, même si j'ai également connu quelques problèmes avec deux abandons. J'espère simplement que l'année prochaine je pourrai continuer d'avoir de bons résultats chez les Seniors. »
L'enduro espagnol est décidément à la fête avec sa génération dorée, puisque de son côté Mario ROMAN (ESP-KTM) remporte la FIM Youth Cup 125 cc 2 temps. Ce dimanche soir, le débriefing devrait être à l'image de la satisfaction du team manager Fabio Farioli, puisque KTM décroche lors de cette deuxième manche du Grand Prix de Turquie trois titres prestigieux
À quoi joue Antoine MEO (FRA-HVA)? C'est ce que l'on est en droit de se demander aux vues de ses résultats sur le week-end. Pas à son aise sur le terrain turc, il chute dans l'Extreme Test et perd du temps en restant coincé sous sa moto. Quatrième, ayant bénéficié du ralentissement de son coéquipier Matti SEISTOLA (SF-HVA), le leader de l'Enduro 1 laisse filer une fois de plus de précieux points après un Grand Prix de Grèce en demi-teinte. Avec 11 unités d'avance avant la dernière épreuve, Antoine Méo devra se méfier d'Eero REMES (SF-KTM), vainqueur du jour et dauphin de l'E1. Le Finlandais est à l'affût de la moindre erreur du pilote Husqvarna. Pour le titre, la finale française s'annonce donc décisive. L'Enduro 1 est d'ailleurs la catégorie la plus disputée lors de cette deuxième journée. À 17.73 secondes de Remes, Johnny AUBERT (FRA-KTM) prend la deuxième place des petites cylindrées et reste du même coup au contact du duo de tête. C'est l'Espagnol Cristobal GUERRERO (ESP-YAM), très rapide tout au long de cette tournée méditerranéenne qui signe la troisième position de l'E1.
La victoire d'Ivan CERVANTES (ESP-KTM) en Enduro 2 ce dimanche réduit sensiblement l'écart qui le sépare de Mika AHOLA (SF-HM) au classement général. Pour autant, le Finlandais se contente de gérer son avance sans prendre de risques, en témoigne sa troisième place du jour, à cause notamment d'une chute dans la Cross Test du matin. La bonne opération est pour le coéquipier de Cervantes, l'Italien Thomas OLDRATI (ITA-KTM). En terminant deuxième du jour il reprend à son compte la bagarre pour le podium finale de l'E2 qui l'oppose à Pierre-Alexandre RENET (FRA-KTM), en délicatesse avec le terrain turc tout au long du week-end et seulement 5e. Saluons enfin le résultat encourageant d'Oscar BALLETTI (ITA-HM) quatrième de cette catégorie très disputée.
En attendant la grande finale du MAXXIS FIM EWC en France, retrouvez les images et les temps forts du Grand Prix de Turquie dans un résumé de 26 minutes en première diffusion le 16 septembre sur Eurosport 2.